Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 15:34
 
"Entropa est une oeuvre d’art, pas une déclaration politique, c’est conçu pour être amusant et ironique, l’humour peut parfois être une catharsis" (David Cerny).

Entropa décore l'entrée du Conseil, elle a été commandée par la présidence tchèque à 27 artistes, censés représenter chacun un pays d'Europe, mais elle est l'oeuvre d'un seul: David Cerny.

Ignorance de la présidence ou provocation?

La France est en grève, le Luxembourg à vendre, l'Espagne bétonnée, l'Allemagne parcourue d'autoroutes en forme de croix gammée, sur les montagnes de la Bulgarie on trouve des toilettes turques, l'Islande fait partie de l'Union européenne mais la Grande-Bretagne n'est pas sur la carte.....

Quant à la présidence tchèque, elle est divisée entre un président eurosceptique et un premier ministre qui défend tant bien que mal l'adhésion de son pays à l'Europe, à moins que son idée de l'Europe ne soit plus proche de la vision de l'artiste qui ne veuille bien l'admettre....   
Par MB
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 13:05


Après 3 mois de suspension, les négociations entre l'Union Europénne et la Russie reprennent:

1.  On est loin de l'outrage provoqué par la reconnaissance russe de l'Abkhazie et d’Ossétie du sud suite à la guerre en Géorgie.  On n'en parle plus et les comparaisons avec le Kosovo ne sont plus à l'ordre du jour.

Par contre, Martti Ahtisaari reçoit le prix Nobel de la Paix et Eulex s'installe au Kosovo.

2. On ne parle plus que de partenariat renforcé dans les domaines politique, économique et énergétique.... mais une mission d'enquête sera envoyée dans les régions séparatistes pour comprendre les causes du conflit!

3. La volonté de la Géorgie et de l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN est repoussée à une date non définie par les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN.

En même temps l'Europe ménage les susceptibilités qui pourraient découler de cette décision en proposant un partenariat oriental à six anciennes républiques soviétiques : l’Ukraine, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Moldavie et le Bélarus.

En allant au-delà de la politique de voisinage, l'Europe fait ce que l'on attend d'elle: tout en s'imposant dans le pré carré de la Russie,  l'Union Européenne fait contre-poids à l'OTAN, et en même temps elle diversifie ses sources d'approvisionnement tout en calmant les revendications russes...

Nice move...

 

Par MB
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Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /Déc /2008 17:47

Quelques citations qui me laissent perplexe: 

"Events in 2008 have clearly demonstrated the strategic importance of Enlargement. The Caucasus crisis showed that the EU today faces more serious challenges to security and stability to the east than at any time since the end of the Cold War (...).

Therefore, while working for the ratification of the Lisbon Treaty, we cannot take any sabbatical from our work for stability and progress in South-East Europe. There is certainly “no end of history”, the opposite is true: cementing democracy and the rule of law in the Western Balkans and Turkey and encouraging their progress towards the EU are essential for stability and security in Europe" (Olli Rehn).


Il est donc sous-entendu que pour qu'il y ait élargissement, l’Europe doit aussi s’adapter au plan institutionnel et elle ne peut le faire que par l'adoption du traité de Lisbonne...

Première surprise... et deux questions:

1. Pourquoi s'élargir davantage?

"The EU could help these countries by offering financil aid, more open tarde deals and easier visa conditions. It should also hold out to them the prospect of eventual membership. It is less provocative than the notion of letting any of them in NATO, which was surely receded into the future after the Georgian war. But as experience in the Balkans has shown, the eventual EU membership is a good way to foster liberal-market based democracy and to defuse territorial and ethnic disputes" (The Economist).


Voici un aperçu de réponse de ce que le monde attend de l'Europe, et plus particulièrement les anglo-saxons. Mais pour finir, l'Europe n'ayant pas su définir elle-même sa propre vision, n'a t-elle pas endorsé celle souhaitée et imposée par les autres?

2. Pourquoi adopter un traité dont la légitimité a déjà été mise à mal?

L'Irlande va mettre en place un deuxième référendum sur un traité précédemment rejeté à une forte majorité.
Quelle est la légitimité démocratique d'une telle consultation? Et quelle sera la légitimié du traité, une légitimité forcée?

Sous couvert de pouvoir garder sa neutralité, un commissaire et de pouvoir bénéficier, en plein crise économique, du parapluie de l'EURO, l'Irlande a-t-elle convaincu les partisans du non?

J'en doute... Le traité reste et restera une acte de droit primaire dont la légitimité démocratique et citoyenne reste en suspend, quelque part entre une élite politique convaincue de bien faire, une machine bureaucratique, coincée par ses propres méchanismes et une indifférence citoyenne ...

 

Par MB
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 13:11
"Priorité à la diplomatie".....

Vu la situation en République Démocratique du Congo, Sarkozy avait proposé l'envoi d'une force européenne. Mais cette requête est restée lettre morte.

Mais que fait donc la MONUC? 

Pourquoi la question d'envoyer une force européenne s'est-elle posée? Et pourquoi n'y a-t-on pas donné suite?

La MONUC est-elle capable de maintenir la paix dans une région du monde de plus en plus touchée?

La résolution 1291 du Conseil de Sécurité du 30 novembre 1999 a mis en place la MONUC suite aux accords de Lusaaka.
La mission de la MONUC est la mission "la plus importante des 18 missions de maintien de la paix de l'ONU. Elle est également la plus coûteuse avec un budget annuel de près de 1 milliard de dollars US.

Son mandat se repartit en quatre phases : la première phase axée sur l’application des accords de cessez-le feu de Lusaka; la seconde phase sur le suivi de toute violation à travers les canaux appropriés; la troisième phase, toujours en cours, sur le processus du DDRRR (désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réinsertion) et la quatrième phase (...) sur la facilitation de la transition pour l’organisation d’élections crédibles.

Le mandat de la MONUC est placé sous le Chapitre VII de la Charte de l'ONU. Il l'autorise à utiliser tous les moyens nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans les zones de déploiement de ses unités, pour dissuader toute tentative de recours à la force qui menacerait le processus politique, de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais notamment les ex-FAR et Interahamwés, et pour assurer la protection des civils sous la menace imminente de violences physiques.

La MONUC peut, conformément à son mandat, utiliser des tactiques d'encerclement et de recherche pour prévenir des attaques contre les populations civiles et contrer les capacités militaires des groupes armés illégaux qui continuent de faire usage de la violence dans ces régions".


D'après ce mandat, la MONUC est en droit d'utiliser tous les moyens nécessaires afin de contrer les capacités militaires des groupes armés illégaux qui continuent de faire usage de la violence. Le chapitre VII de la Charte des Nations Unies l'autorise à recourir à la force. 

Or «la force ne sera utilisée qu’en dernier recours», explique Sébastien Lapierre, porte-parole de la Monuc à Bukavu, «nous poursuivons nos tentatives pour reprendre le dialogue».

Mais quel dialogue?

Le général Nkunda se présente comme le défenseur de la communauté Banyamulenge qui serait, selon lui, victimes d’exactions. Mais n'est-ce pas ces mêmes victimes que l'on a laissé se réarmer et qui s'attaquent aujourd'hui à la population civile ainsi qu'aux Interahamwés? N'est-ce pas eux qui cherchent à faire capoter le processus de paix, de peur des représailles et de leur rôle dans la deuxième guerre du Congo?

La soi-disant allégeance du général au gouvernement central lui procure-t-il l'immunité?

Sans essayer d'analyser la situation politique, le rôle du Rwanda et les avantages économiques de cette situation, la MONUC ne devraient-elle pas invoquer le chapitre VII?

Au delà de ce jeu d'alliances et d'abus de pouvoir, une intervient militaire pour prévenir la mort de citoyens innocents n'est-elle pas à l'ordre du jour?

Les massacres continuent.... des milliers de personnes sont mortes, des milliers sont déplacées et la MONUC se contente de "faciliter les mouvements des populations et de soutenir les agences humanitaires dans leurs efforts pour porter assistance aux milliers de déplacés". 

Un milliard de dollar de personnel et de ressources, pourquoi?

Les guerres au Congo auraient fait plus de 4 millions de morts. Et malgré ces chiffres effrayants, on vote une résolution de maintien de la paix. Mais quelle paix?

Maybe the following is true:

"Welcome to the UN:
For Famine: Press 1
For Epidemics: Press 2
For Wars: Try again later.... "


Cela vient de la couverture d'un Economist.... que fait le monde, que fait l'ONU?
Combien de morts en plus faudra-t-il pour que la communauté internationale se mobilise enfin? L'envoie d'une force européenne ne devraient pas être nécessaire, ni même sa nécessité évoquée, si la mission de l'ONU ne se contentait pas de se maintenir dans son rôle de spectateur...

Mais peut-être que le problème n'est pas là...

Peut-être est-ce un problème d'humanité: "la guerre, c'est la mort des autres. On ne la laisse durer que parce que ce sont les autres qui la font et qui en meurent" (Jean Guéhenno).

Par MB
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 19:30

Dans son "abécédaire", Gilles Deleuze disait de la Gauche:

« C’est d’abord une affaire de perception. Ne pas être de gauche, c’est quoi ? c’est un peu comme une « adresse postale ». Partir de soi, la rue où l’on est, la ville, le pays, les autres pays, de plus en plus loin. On commence par soi et dans la mesure où on est privilégié et où on est dans un pays riche, on se dit « Comment faire pour que la situation dure ? ». On sent bien qu’il y a des dangers et que cela ne va pas durer. Oulala la Chine …comment faire pour que l’Europe dure encore, etcetera. Etre de gauche, c’est l’inverse. C’est percevoir d’abord le pourtour des choses. Le monde, le continent, l’Europe, la France, la rue de Bizerte, moi. C’est un phénomène de perception, percevoir d’abord l’horizon. Ce n’est pas par générosité, ni par morale, c’est une question d’adresse postale. Tu vois à l’horizon, tu sais simplement que cela ne pourra pas durer, ces milliards de gens qui crèvent de faim et cette injustice absolue. On considère que ce sont là les problèmes à régler. Et ce n’est pas se dire simplement : il faut diminuer la natalité. C’est trouver des arrangements, les agencements mondiaux. Etre de gauche, c’est souvent que les problèmes du tiers monde, sont plus proche de nous que les problèmes de notre quartier. C’est vraiment une question de perception. Pas de belle âme. C’est ça d’abord être de gauche pour moi».

Si tout est question de perception, la droite c'est aussi ça.... "être de droite pour moi". Et pour finir, que l'on soit ni de gauche ni de droite, quelle importance?

Pourquoi revendiquer? Pourquoi affirmer l'un ou l'autre comme la vérité?
Pourquoi ne pas revendiquer la différence?

Un peu comme pour la psychanalyse, la droite ou la gauche renferment.

"Au lieu de participer à une entreprise de libération effective, la psychanalyse prend part à l'œuvre de répression bourgeoise la plus générale, celle qui a consisté à maintenir l'humanité européenne sous le joug de papa-maman, et à ne pas en finir avec ce problème-là" (L'Anti-Œdipe, Gilles Deleuze).

Ne faut-il pas en finir avec tout ça? le joug de la gauche ou de la droite? la psychanalyse? Pourquoi ne pas libérer l'inconscient de Freud? Et pourquoi pas ne pas faire de la "grande politique"?

"Il suffit que nous nous dissipions un peu, que nous sachions être à la surface, que nous tendions notre peau comme un tambour, pour que la " grande politique " commence " [...] "  Faire circuler la case vide, et faire parler les singularités pré-individuelles et non personnelles, bref produire le sens, est la tâche aujourd’hui" (Logique du sens, Gilles Deleuze).

Ces citations sont un hommage à un grand homme qui me donne souvent l'espoir que l'humanité peut changer.... mais rien de tout cela n'est simple.

C'est un gramme d'espoir pour créer 'mille-plateaux' en devenir mineur.....

Par MB
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